Comment sera votre bureau 2.0?

Chers lecteurs c’est reparti pour une nouvelle saison de blogging, avec je l’espère cette année plus de contributions. Ce blog, je le veux encore plus vivant en 2015 et il ne pourra l’être qu’avec vos apports.
Pour mon premier article après quelques semaines de vacances, je vais tenter de répondre à une question qui m’est souvent posée : « Comment fais-tu pour travailler de la maison ? ».
Certes, je pourrais dans un immense élan d’humilité hypocrite, vous répondre un traditionnel mais agaçant : «C’est assez simple en fait il suffit de se discipliner !» Sur un ton niais et nasillard.
Mais cette réflexion qui en plus de vous donner l’envie d’imprimer ma photo sur une de ces merveilles de technologie 3 D pour en constituer votre nouveau terrain de fléchettes, ne ferait pas bien avancer le chmilililili, chilimli, chmilblik (big up aux plus anciens d’entre vous).
Alors je vous propose une réflexion plus globale sur le bureau d’aujourd’hui et surtout sur celui de demain, le bureau 2.0 en quelques sortes.
Tel un Paco Rabanne de veille de fin du monde, laissez-moi vous suggérer plusieurs hypothèses plausibles (ou pas), qui j’en suis sûr, vous feront cogiter sur votre futur cadre de travail.

Option N°1: Big brother en mode Web 4.0
Le bureau du futur pourrait être technologique et ultra connecté. La tendance actuelle à la domotique et à l’interconnexion des objets, offrirait la possibilité au premier cadre moyen venu d’évoluer dans un univers ultra assisté par les machines et doté d’une intelligence artificielle. Son cadre de travail permettrait au salarié de 2025, de contrôler les objets à l’aide de sa voix, de déplacer des tableaux dans l’espace (à la manière de Tom Cruise dans Minority report) et surtout d’être connecté en permanence à internet, qui lui proposerait les choix les plus rationnels parmi une manne d’informations illimitée. Cette option rejoint un peu la théorie du Web 4.0
Le salarié serait une machine connectée parmi tant d’autres dans un univers ultra surveillé et contrôler comme en cauchemardait George Orwell dans 1984.

Minority report

 

 

 

 

 

 

Option N°2 : Une ville entièrement « Corporate »
Comme c’est déjà le cas dans certaines régions du globe, le travail est parfois tout pour l’individu. Ainsi certaines entreprises n’hésitent pas à offrir à leurs employés des services de ménage, de garde d’enfants, des salles de sport, des espaces réservés aux activités créatives… Tous cela dans le but de fidéliser leurs talents et de les inciter à évoluer dans un monde ou le travail est au centre de toutes les priorités, où rien ne vient les détourner de leur seul objectif : Générer du profit pour les actionnaires.
On peut ainsi imaginer les sociétés du futur comme des micros villes, où tous les services seraient à disposition et où les salariés n’auraient plus besoin de sortir pour s’épanouir (ou avoir l’impression de s’épanouir). On vous maintiendrait ainsi dans votre confort comme dans de la naphtaline jusqu’à vous faire oublier qu’il existe d’autres façons de voir le monde, de vivre et surtout de penser (Cf : The Truman show).

the_truman_show

 

 

 

 

 

 

Option N°3 : Votre bureau c’est le monde
Imaginez un monde, sans murs, sans horaires, sans places attitrées, sans vue sur le parking, sans routine. Un monde où  seule votre humeur dicterait la pièce, l’endroit où vous allez pouvoir réfléchir et créer. A cet endroit, votre rêve devient un besoin de liberté, un art de vivre. Votre quotidien n’en est plus un et votre travail n’est plus une contrainte mais un bienfait. Bienvenue dans le café d’à côté, sur la terrasse de votre maison, dans un avion qui vous transporte sur les bancs d’un parc jonchant une falaise du bout du monde, bienvenue dans le monde autrefois réservé aux écrivains, aux peintres, aux artistes, bienvenue dans ma réalité (oui je sais je suis moins sexy que Zaz !).
Ce télétravail, comme on le nomme vulgairement, constitue également une réalité crédible au bureau de demain. La technologie nous permet d’ores et déjà de travailler à distance et d’échanger grâce aux mails, à Skype…
Cette nouvelle forme de travail répond à un besoin d’indépendance et de liberté que ressentent beaucoup d’entre nous et qui connait à l’heure actuelle un franc succès. Mais elle ne convient pas à tout le monde et nécessite d’évoluer dans une entreprise ouverte où l’organisation et le management 2.0* sont déjà instaurés; Ce qui m’est amis, croyez-moi, est loin d’être le cas dans notre pays.

Bureau de demain

 

 

 

 

 

 

 

Et vous, comment voyez-vous votre futur cadre de travail ?

*Objet d’un prochain article.

Management et générations

Je me rappellerai toute ma vie les diners de famille du dimanche après-midi, dans la banlieue de St-Etienne avec mes parents et mes grands-parents. Ils donnaient lieu à des débats à bâtons rompus qui n’étaient interrompus que par un défilé de plats plus riches les uns que les autres*.
C’était pour les adultes l’occasion de refaire le monde et de partager leurs opinions sur une société en pleine évolution. La « valeur travail » était souvent au centre des discutions et apparaissait généralement au moment du pousse café, là où les esprits s’éclairent et les langues se délient.
Ce débat, je le retrouve aujourd’hui chez mes clients où la coupure générationnelle est bien réelle. Dans les murs de nos entreprises, les produits des générations X, Y et 4C** côtoient « les anciens » au quotidien, partagent parfois, mais ne se comprennent pas, souvent.

Générations
Pour lui, Jean-Pierre, l’entreprise fait partie de sa vie, il y a ses amis depuis 20 ans, ses habitudes ; de son travail il retire de la reconnaissance qu’il a acquise en prouvant son savoir-faire et ses compétences. Lui, a connu l’époque sans mail, sans ordinateur celle du partage et de la camaraderie.

Julien ne croit plus en l’entreprise il fait partie d’une génération désenchantée. Pour lui travailler c’est surtout une source de revenus lui permettant de financer ses loisirs et son temps libre. Il ne souhaite pas rester dans une même entreprise plus 5 ans sans évoluer. Julien à besoins de se sentir écouté pour s’intégrer dans un groupe. Lui, a connu le début de l’informatique et de la communication de masse, il maitrise bien les outils informatiques et il sait comment ils fonctionnent. …à la source.
Léa, elle, est un pur produit des nouvelles technologies, elle communique beaucoup par mail, par textos et sur les réseaux sociaux. Ces outils, elle les comprend les maitrise mais elle est consciente des risques qu’ils génèrent. La peur, Léa sait l’apprivoiser, elle sait que le travail est devenu une chose rare. Pour s’impliquer, elle a besoin d’avoir un but de créer mais aussi de collaborer avec les autres. Scotchée à son portable, elle est profondément généreuse, elle parait ne jamais écouter ce qu’on lui dit, mais c’est parce qu’elle est capable de gérer plusieurs informations en même temps.
Ces trois salariés et tant d’autres ont besoin d’être encadrés par des managers qui les comprennent qui ne les jugent pas et qui savent également tirer le meilleur parti de leurs talents. Ces différences d’approches sont autant de richesses pour l’entreprise qui sait les utiliser et faire échanger les personnalités. Le manager des années 2010 doit être formé à cela.

Générations
La pire erreur que peut commettre un manager consiste à appliquer les mêmes méthodes et les mêmes approches avec des salariés qui sont foncièrement différents et qui n’attendent surtout pas, la même chose de l’entreprise. Celui-ci doit s’adapter et être le lien entre ses différentes générations pour fédérer autour d’un projet commun et d’une culture d’entreprise forte.
Ah, si seulement ce manager avait pu assister à mes repas de famille !

* Voir Norman: Les diners de famille
** Voir livre blanc de Jean-Claude Ancelet

4 leçons de grands coach sportifs à retenir pour devenir un bon manager!

Morinho le protecteur

Morinho le protecteur

José Morinho

(Football: 2 ligues des champions, 7 titres nationaux avec 4 équipes différentes)

Leçon à retenir :

Attirer l’attention sur soi ou sur ses adversaires pour enlever de la pression à son équipe.

José Morinho le célébrissime entraineur de football est connu pour ses déclarations chocs et ses provocations. Véritable cador de la conférence de presse,  il maitrise l’art de la communication comme personne. En attirant l’attention sur lui, il détourne les medias de ses joueurs leur enlevant une pression superflue avant les grands rendez-vous. Il permet ainsi à ses joueurs de souffler et de jouer libérer dans moments importants.

Morinho nous montre qu’un manager ne doit jamais critiquer son équipe en public ou se dédouaner de sa responsabilité. Il doit assumer  ses actes et ses responsabilités dans la réussite comme dans l’échec.

Ferguson le gagneur

Ferguson le gagneur

Alex Fergusson 

(Football : 2 ligues des champions, 13 titres de champion d’Angleterre avec Manchester United)

Leçon à retenir :

Toujours chercher la victoire.

La légende du football britannique sir Alex Ferguson, hait la défaite. Durant ses 40 années de coaching, il n’a jamais joué « petit bras » en assurant un  match nul. Il visait toujours la lune, et même lorsqu’il n’atteignait pas ses objectifs, il n’avait jamais de regret. Mettre la barre haute a permis à toutes ses équipes de tout donner sur le terrain et d’acquérir une indéfectible confiance en elles.

Un précepte à méditer également dans nos vies et dans nos travails. Fixons-nous des objectifs élevés et soyons ambitieux si nous voulons avancer!

Noves le perfectionniste

Noves le perfectionniste

Guy Noves

(Rugby : 4 coupes d’Europe, 9 titre de champion de France avec Toulouse)

Leçon à retenir :

Être un perfectionniste.

Le coach emblématique du stade Toulousain Guy Novés est connu pour être un perfectionniste. Il prépare son équipe dans les moindres détails. Investit à 100% dans sa fonction il donne lui-même toutes les dernières consignes aux joueurs avant qu’ils n’entrent sur le terrain. En outre, fin psychologue,  il ne critique jamais ses joueurs en public.

Guy Novés nous enseigne qu’un manager qui veut réussir doit être investit dans son travail et dans sa fonction. C’est en donnant le meilleur de nous-mêmes et en étant perfectionniste que l’on peut réaliser de grandes choses et inspirer le respect.

Jackson le maitre zen

Jackson le maitre zen

Phil Jackson

(Basket : 11 titres NBA avec les Bulls et les Lakers)

Leçon à retenir :

Rester « zen » sous la pression.

Le célébrissime coach de Bulls de Michael Jordan était surnommé le « Master Zen ». Sa capacité à rester calme dans les moments chauds et à prendre les bonnes décisions à fait de lui une légende du coaching aux Etat Unis. Il a réussi l’exploit de canaliser les joueurs les plus caractériels comme Dennis Rodman et à les mettre au service du collectif.

Phil Jackson nous enseigne qu’un manager ne doit jamais donner des signes d’affolement dans les moments difficiles. Au contraire, il se doit de montrer à son équipe qu’il sait où il va, avec confiance et autorité. Ceci est la clé pour faire avancer des individus différents dans le même sens et éviter la perte de confiance des salariés en leur boss, ce qui est en entreprise, la pire des situations.

Un vrai choc de simplification?

Citation de François Hollande: « Nous pouvons faire que chacun soit gagnant, l’entreprise, le salarié, l’administration, l’agent public et le citoyen lui-même ». Là sont les enjeux du choc de simplification annoncé par le président, l’une des mesures phare de son mandat.

Ressortons, pour une fois, le petit Larousse poussiéreux du grenier.

Définition du mot choc : efficace, brutal (« un argument choc »)

Définition du verbe Simplifier : Rendre quelque chose plus simple, moins complexe, moins compliqué

Animant une formation pour les responsables de formation dans le cadre d’AvaO, je me dois de rester à la page sur toutes les nouvelles réformes de la lois sur la formation professionnelle continue. N’étant pas spécialiste des autres domaines où le « choc » doit se produire, permettez-moi de rester cantonné à celui-ci.

Si je devais résumer en une vidéo comment fonctionne le système actuel se serait celle-ci:

VOIR LA VIDEO

On comprend un tout petit peu mieux l’échec du DIF et la volonté permanente des gouvernements successifs, quelque soit leurs bords, de réformer le système de formation continue.

Le président a donc convié une nouvelle fois les partenaires sociaux autour de la table (je suppose lors de repas très frugaux) afin d’étudier les possibilités d’optimisation et de simplification du système. Suite à ces échanges, l’ANI du 14 décembre 2013 donne les grandes lignes de ce que sera le nouveau paysage de la formation professionnelle.

Voilà à quoi ressemble à première vu le texte:

  • 1 collecteur unique l’OPCA (formation, professionnalisation, CIF, taxe d’apprentissage, FPSPP…)
  • 1 collectivité en charge de l’orientation et de la politique de formation: « La région »
  • 1 dispositif central pour le salarié le Compte Personnel de Formation

C’est simple, beau merveilleux, j’en pleure…en plus du Larousse, voilà de quoi ressortir mes vieux mouchoirs en tissus de ce foutu grenier!

Laissez-moi vous donner un exemple de ce à quoi cela va pouvoir ressembler:

Un gentil monsieur: « Bonjour madame de pôle emploi, je suis salarié licencié économique du BTP et j’aimerais réaliser une formation en vue d’une reconversion dans le tourisme. J’ai vu une formation qui m’intéresse, puis-je me la faire financer au titre du CPF?

Une gentille conseillère pôle emploi:« Désolé monsieur mais cette formation n’est pas possible »! Elle n’est pas répertoriée dans ma liste de formation prioritaires CPNFPE, CPRFPE, en plus vous n’avez pas acquis assez de droits, donc vous avez besoin d’un cofinancement FPSPP ou CR…. Vous n’aviez pas regardé sur votre compte internet CPF géré par la caisse des dépôts et consignations? »

Le gentil monsieur: « Quel dommage que vous ne puissiez accéder à ma requête! Effectivement j’avais utilisé des heures de CPF pour autre chose car on m’avait déjà refusé cette formation lorsque j’étais en poste et que j’avais mon projet de reconversion. »

La délicieuse conseillère pôle emploi: « C‘est normal monsieur, votre OPCA ne l’a pas accepté car dans le cadre de votre CPF cette formation n’était pas répertoriée dans les CQP de la branche BTP, donc c’est logique! »

Le gentil (et patient monsieur): « Alors quelles sont mes solutions?

La délicieuse et professionnelle conseillère pôle emploi: « Facile il vous suffit depondre à la question suivante: »

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Le gentil et suicidaire monsieur: « Bon d’accord c’est limpide. Sinon je signe où pour toucher des allocations et rester chez moi ?!!! »

Merci beaucoup pour ce choc monsieur le président!

Un secteur quinquénaire parasite ?

Chers lecteurs,

Cela fait un petit moment déjà que je n’ai pas pris la plume,  j’espère que vous ne m’en voulez pas trop?! Les tumultes de mes vies professionnelles et privées influent, en effet, « beaucoup trop » sur ma capacité à vous offrir régulièrement un contenu de qualité.

Alors pour me faire pardonner, j’ai décidé d’envoyer du « lourd  t’as vu», comme dirait mon footballeur et tonton flingueur préféré, Patrice Evra.

Le raisonnement que je vais vous présenter se base sur le postulat suivant : nous connaissons et avons tous étudié, que les économistes schématisent l’économie en trois secteurs distincts, le secteur primaire (l’agriculture), le secondaire (l’industrie),  et le tertiaire (les services).  Jusque-là : « Allo, rien de nouveau ! » n’est-ce pas Nabi-Nabila ?

Or, apparait avec l’émergence des technologies de l’information une quatrième classification, le secteur quaternaire représentant notamment l’économie numérique (TIC, médias et réseaux sociaux…).

Ce quatrième secteur est présenté comme le poumon du développement économique dans les économies dites « mûres », dont les secteurs traditionnels sont diagnostiqués comme saturés. Les nouvelles technologies sont considérées pour certains comme la dernière alternative aux théories de « la décroissance ». Même si cela ne représente pas le cœur de mon raisonnement du jour, ces quelques explications ont pour but de poser le contexte.

D’après moi, il existe un cinquième secteur, plus difficile à schématiser car informel et dont le développement incontrôlé représente une menace, si ce n’est une explication plausible à la dégénérescence de notre économie. Tachons d’être concis, pour cela appuyons nous sur l’analyse en 2001 des trois prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, George Akerlof et Michael Spence sur l’asymétrie d’information. Pour être « très simple », ils nous expliquent, que les postulats établis par les économistes classiques sur l’autorégulation du marché, présente une faille majeure, due à l’existence des différences d’informations détenues par le vendeur et par l’acheteur lors d’une transaction. La concurrence ne peut ainsi jamais être pure et parfaite.Stiglitz

C’est là qu’intervient le secteur quinquénaire qui représente l’économie de la  politique et des réseaux. Plus vaste que la notion d’«état » présentée par les économistes comme un agent intervenant pour réguler le marché, la « politique » est une composante interne et centrale de notre économie. Je conditionne bien sur cela, à la pratique d’une activité politique comme « métier à part entière » ce qui est effectivement le cas aujourd’hui. Combien de personnes connaissez-vous, dont l’activité principale et rémunératrice consiste à faire de la politique ou du réseautage?

C’est dans cette voix que je vous entraine, omniprésente, cette 5éme économie est intégrée et elle constitue le principale facteur d’asymétrie d’information, à partir du moment où elle « pipe »les dés, et désobjectivise les échanges (sans aller contre le principe de la main invisible). Elle n’est également pas productive, ne créant pas de richesse en tant que tel mais parasitant les autres secteurs d’activité, afin de s’accaparer les richesses qu’ils produisent.

Pour prendre une image simple c’est comme si nous étions en présence d’un énorme gâteau, diminuant chaque année et où l’unique objectif des convives n’était pas de concentrer leurs énergies à re-cuisiner du gâteau, mais à s’attribuer la plus grosse part de ce qu’il reste ! Répartition du gateau

Enfin, par sa nature même comment l’influence de ce 5éme secteur, pourrait-elle être régulée par l’état, les juges étant eux-même les parties?!

Et toi t’en penses quoi Patrice ?

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