Vive « les formacteurs »!

J’ai 32 ans et je suis formateur depuis 10 ans déjà. Assez pour apprendre les rudiments du métier, me planter, recommencer, persister, réussir, être fier, innover, triompher, me replanter…

En embrassant cette carrière tout à fait par hasard (ou presque), j’ai pu m’apercevoir à quel point l’enseignement est un art complexe. Il demande de posséder de nombreuses qualités, innées parfois, mais demandant beaucoup de travail, souvent !
Parmi la palette de compétences que doit posséder un formateur d’excellence, je peux vous en citer certaines :
– La confiance en soi
– L’humilité
– La capacité d’analyse
– La capacité de synthèse
– Le don pour la pédagogie
– La curiosité
– La sociabilité
– La souplesse et l’ouverture d’esprit
– Une bonne culture générale

Avoir dans sa besace (je ne sais pas si ce mot a déjà été réutilisé depuis Louis XVI) ces qualités devrait permettre à tout bon professionnel de la formation d’exceller dans son métier et de s’y épanouir,… normalement.

Mais, j’ai également souvent été de l’autre côté de l’amphi, celui du stagiaire, de l’élève (souvent dans le fond le classe d‘ailleurs), et je peux vous dire que des formateurs tels que décrits plus haut, j’en ai côtoyé un certain nombre. Parmi eux des bons, des moyens mais surtout beaucoup, beaucoup de catastrophes.

Mon dieu que j’ai pu « m’emmerder » en écoutant des « instits », des « profs » et autres formateurs me réciter leurs textes savants d’une voix monocorde et soporifique capable d’endormir un troupeau de Pitbull sous extasie après un concert d’AC/DC.

Dodo du chienOui messieurs dames, être un bon professionnel ne suffit pas, car la formation est un art, un spectacle une comédie. L’intervenant doit accrocher l’auditoire, changer de rythme, maitriser l’humour et les traits d’esprit.
Il doit donner envie aux stagiaires, les choquer, les bousculer, les aimer !

Monter une formation, c’est créer un spectacle de toute pièce, le tester, le faire évoluer et le perfectionner. Le formateur de mes rêves est un Molière, un Jean Gabin, un Coluche, une florence Foresti et non un Bernard Pivot. Il sait utiliser la forme pour faire passer un message profond et essentiel et l’imprimer dans les esprits.

Gad-Elmaleh le formacteur

Alors oui, je peux vous l’avouer à vous mes amis, mon rêve le plus secret, est d’un jour pouvoir devenir un « formacteur », et je vous l’avoue, même après 10 ans et des centaines d’heures d’expérience, la voie est encore très longue !

Publié le 3 juillet 2015, dans Billets d'humeur de Sylvain. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Marie-NOëlle Marotta-Hedin

    Bonjour Sylvain,

    j’adore cet article et tellement proche de mes réalités vécues sur le terrain ! Oui le « formacteur » doit être une sorte de poulpe multifonctions dont tous les sens sont en éveil pour pouvoir entrer vraiment en relation avec son auditoire et transmettre .
    Ses compétences sont sans cesse en évolution grâce aux échanges avec les stagiaires. Un vrai enrichissement mutuel, rien n’est figé.
    Marie-NOëlle

  2. Bonjour Sylvain, après avoir exercé le dur métier de formateur à l’institut du management d’Air France pendant une presque dizaine d’année je te confirme être arrivé aux mêmes conclusions que toi. Bon courage dans ce métier passionnant mais gros consommateur d’énergie. Amicalement.

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