Management et générations

Je me rappellerai toute ma vie les diners de famille du dimanche après-midi, dans la banlieue de St-Etienne avec mes parents et mes grands-parents. Ils donnaient lieu à des débats à bâtons rompus qui n’étaient interrompus que par un défilé de plats plus riches les uns que les autres*.
C’était pour les adultes l’occasion de refaire le monde et de partager leurs opinions sur une société en pleine évolution. La « valeur travail » était souvent au centre des discutions et apparaissait généralement au moment du pousse café, là où les esprits s’éclairent et les langues se délient.
Ce débat, je le retrouve aujourd’hui chez mes clients où la coupure générationnelle est bien réelle. Dans les murs de nos entreprises, les produits des générations X, Y et 4C** côtoient « les anciens » au quotidien, partagent parfois, mais ne se comprennent pas, souvent.

Générations
Pour lui, Jean-Pierre, l’entreprise fait partie de sa vie, il y a ses amis depuis 20 ans, ses habitudes ; de son travail il retire de la reconnaissance qu’il a acquise en prouvant son savoir-faire et ses compétences. Lui, a connu l’époque sans mail, sans ordinateur celle du partage et de la camaraderie.

Julien ne croit plus en l’entreprise il fait partie d’une génération désenchantée. Pour lui travailler c’est surtout une source de revenus lui permettant de financer ses loisirs et son temps libre. Il ne souhaite pas rester dans une même entreprise plus 5 ans sans évoluer. Julien à besoins de se sentir écouté pour s’intégrer dans un groupe. Lui, a connu le début de l’informatique et de la communication de masse, il maitrise bien les outils informatiques et il sait comment ils fonctionnent. …à la source.
Léa, elle, est un pur produit des nouvelles technologies, elle communique beaucoup par mail, par textos et sur les réseaux sociaux. Ces outils, elle les comprend les maitrise mais elle est consciente des risques qu’ils génèrent. La peur, Léa sait l’apprivoiser, elle sait que le travail est devenu une chose rare. Pour s’impliquer, elle a besoin d’avoir un but de créer mais aussi de collaborer avec les autres. Scotchée à son portable, elle est profondément généreuse, elle parait ne jamais écouter ce qu’on lui dit, mais c’est parce qu’elle est capable de gérer plusieurs informations en même temps.
Ces trois salariés et tant d’autres ont besoin d’être encadrés par des managers qui les comprennent qui ne les jugent pas et qui savent également tirer le meilleur parti de leurs talents. Ces différences d’approches sont autant de richesses pour l’entreprise qui sait les utiliser et faire échanger les personnalités. Le manager des années 2010 doit être formé à cela.

Générations
La pire erreur que peut commettre un manager consiste à appliquer les mêmes méthodes et les mêmes approches avec des salariés qui sont foncièrement différents et qui n’attendent surtout pas, la même chose de l’entreprise. Celui-ci doit s’adapter et être le lien entre ses différentes générations pour fédérer autour d’un projet commun et d’une culture d’entreprise forte.
Ah, si seulement ce manager avait pu assister à mes repas de famille !

* Voir Norman: Les diners de famille
** Voir livre blanc de Jean-Claude Ancelet

Publié le 6 mai 2014, dans Billets d'humeur de Sylvain. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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